AVC : une seule conduite à tenir !

Par Coordination CPTSBérange
Le 4 août 2025
 
 

AVC : Quand chaque minute compte, un seul réflexe peut tout changer

Imaginez cette scène : lors d’un repas en famille, votre proche sourit mais son visage semble soudain asymétrique. Il essaie de parler mais les mots sortent déformés. Son bras gauche refuse de bouger normalement. Quelques minutes plus tard, tout semble revenir à la normale. “Ce n’était rien”, dites-vous. Pourtant, ces quelques minutes auraient pu changer sa vie à jamais.

Un fléau silencieux aux conséquences dramatiques

L’Accident Vasculaire Cérébral ne frappe pas au hasard. Chaque jour en Occitanie, il bouleverse la vie de 40 personnes. Parmi elles, 5 resteront lourdement handicapées et 2 ne survivront pas. Ces chiffres, bien au-delà des statistiques, racontent des histoires humaines, des familles bouleversées, des vies brisées en quelques minutes. L’AVC représente aujourd’hui la première cause de handicap acquis chez l’adulte, la deuxième cause de démence et la troisième cause de mortalité en France. Plus dramatique encore : il constitue la première cause de mortalité chez la femme, rappelant que personne n’est à l’abri.

La course contre la montre : pourquoi chaque seconde compte

Dans le cerveau touché par un AVC, les neurones meurent à un rythme effréné. Chaque minute qui passe sans intervention médicale, c’est près d’1,9 million de neurones qui disparaissent définitivement. Cette réalité brutale explique pourquoi les médecins parlent de “temps cerveau” : plus l’intervention est précoce, plus les chances de récupération sont importantes.

Les études le démontrent sans ambiguïté : une prise en charge rapide après un AVC réduit la mortalité de 30% et limite considérablement la gravité des séquelles. La différence entre une récupération complète et un handicap à vie se joue souvent dans les premières heures, parfois les premières minutes.

Reconnaître les signaux d’alarme : trois signes qui ne trompent pas

Le cerveau, privé d’oxygène, envoie des signaux de détresse immédiatement perceptibles. Trois signes majeurs doivent déclencher une alerte maximale :

La déformation du visage : demandez à la personne de sourire. Si le sourire devient asymétrique, si un côté du visage semble “tombant” ou paralysé, c’est un signal d’alarme.

Les troubles de la parole : la personne a des difficultés pour parler, articule mal, ne trouve plus ses mots ou ne comprend plus ce qu’on lui dit. Demandez-lui de répéter une phrase simple.

La faiblesse d’un côté du corps : un bras, une jambe refuse soudainement d’obéir. Demandez à la personne de lever les deux bras : si l’un retombe, c’est un signe critique.

L’erreur fatale : attendre que ça passe

“Ça va mieux, ce n’était rien.” Cette phrase, prononcée des milliers de fois, représente l’un des pièges les plus dangereux de l’AVC. Car même si les symptômes disparaissent après quelques minutes, même si la personne semble aller mieux, le processus destructeur peut continuer silencieusement dans le cerveau. Ces épisodes transitoires, appelés accidents ischémiques transitoires (AIT), constituent souvent les signaux précurseurs d’un AVC majeur. Les ignorer, c’est laisser passer une fenêtre d’intervention cruciale.

Un seul réflexe à adopter : le 15

Face à ces signes, il n’existe qu’une seule conduite à tenir : composer immédiatement le 15. Pas de transport personnel vers l’hôpital, pas d’attente pour voir si ça passe, pas de consultation du médecin traitant le lendemain. Le 15, sans délai, sans hésitation. Les équipes du SAMU sont spécifiquement formées pour cette urgence. Elles peuvent déclencher immédiatement la filière régionale AVC, coordonner le transport vers l’unité neurovasculaire la plus appropriée et commencer les premiers traitements pendant le transport.

Une filière régionale d’excellence

En Occitanie, une organisation spécifique a été mise en place pour optimiser la prise en charge des AVC. Cette filière régionale garantit que chaque patient bénéficie du meilleur traitement possible, dans les meilleurs délais, quel que soit son lieu de résidence. Les unités neurovasculaires disposent des technologies les plus avancées : thrombolyse pour dissoudre les caillots, thrombectomie mécanique pour les extraire, surveillance continue spécialisée. Mais ces traitements révolutionnaires ne sont efficaces que s’ils sont administrés rapidement.

“Notre rôle collectif : faire connaître pour sauver des vies”

En tant que professionnels de santé du territoire de Montpellier Est Bérange, nous avons un rôle crucial dans cette chaîne de survie. Chaque consultation, chaque contact avec nos patients et leurs familles, représente une opportunité de transmettre ces messages vitaux. Nos salles d’attente peuvent devenir des lieux d’information privilégiés. Un simple affichage rappelant les signes d’alerte et le numéro 15 peut sauver une vie. Car souvent, c’est dans ces moments d’attente que les patients ou leurs accompagnants évoquent des épisodes qu’ils ont minimisés.

L’AVC se combat aussi par la prévention

Au-delà de la reconnaissance des signes aigus, notre mission s’étend à la prévention. Hypertension artérielle, diabète, fibrillation auriculaire, tabagisme, sédentarité : autant de facteurs de risque sur lesquels nous pouvons agir avec nos patients. Chaque consultation est l’occasion de dépister, d’éduquer, d’accompagner nos patients vers de meilleures habitudes de vie. Car le meilleur AVC reste celui qui n’arrive jamais.

Un message d’espoir

Malgré la gravité du sujet, l’AVC n’est plus une fatalité. Les progrès thérapeutiques des dernières années ont révolutionné le pronostic, à condition d’une prise en charge précoce. Des patients qui auraient été lourdement handicapés il y a quelques années retrouvent aujourd’hui une vie normale.

Cette révolution médicale ne peut cependant porter ses fruits que si chacun connaît les signes d’alerte et adopte le bon réflexe : face à un AVC suspecté, un seul numéro compte, le 15. Parce que dans cette course contre la montre, chaque minute sauvée peut changer une vie.


Pour plus d’informations sur la campagne régionale de sensibilisation à l’AVC et pour télécharger les supports d’information, consultez le site de l’ARS Occitanie. Photo de Abishek sur Unsplash 

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AVC : Quand chaque minute compte, un seul réflexe peut tout changer

Imaginez cette scène : lors d’un repas en famille, votre proche sourit mais son visage semble soudain asymétrique. Il essaie de parler mais les mots sortent déformés. Son bras gauche refuse de bouger normalement. Quelques minutes plus tard, tout semble revenir à la normale. “Ce n’était rien”, dites-vous. Pourtant, ces quelques minutes auraient pu changer sa vie à jamais.

Un fléau silencieux aux conséquences dramatiques

L’Accident Vasculaire Cérébral ne frappe pas au hasard. Chaque jour en Occitanie, il bouleverse la vie de 40 personnes. Parmi elles, 5 resteront lourdement handicapées et 2 ne survivront pas. Ces chiffres, bien au-delà des statistiques, racontent des histoires humaines, des familles bouleversées, des vies brisées en quelques minutes. L’AVC représente aujourd’hui la première cause de handicap acquis chez l’adulte, la deuxième cause de démence et la troisième cause de mortalité en France. Plus dramatique encore : il constitue la première cause de mortalité chez la femme, rappelant que personne n’est à l’abri.

La course contre la montre : pourquoi chaque seconde compte

Dans le cerveau touché par un AVC, les neurones meurent à un rythme effréné. Chaque minute qui passe sans intervention médicale, c’est près d’1,9 million de neurones qui disparaissent définitivement. Cette réalité brutale explique pourquoi les médecins parlent de “temps cerveau” : plus l’intervention est précoce, plus les chances de récupération sont importantes.

Les études le démontrent sans ambiguïté : une prise en charge rapide après un AVC réduit la mortalité de 30% et limite considérablement la gravité des séquelles. La différence entre une récupération complète et un handicap à vie se joue souvent dans les premières heures, parfois les premières minutes.

Reconnaître les signaux d’alarme : trois signes qui ne trompent pas

Le cerveau, privé d’oxygène, envoie des signaux de détresse immédiatement perceptibles. Trois signes majeurs doivent déclencher une alerte maximale :

La déformation du visage : demandez à la personne de sourire. Si le sourire devient asymétrique, si un côté du visage semble “tombant” ou paralysé, c’est un signal d’alarme.

Les troubles de la parole : la personne a des difficultés pour parler, articule mal, ne trouve plus ses mots ou ne comprend plus ce qu’on lui dit. Demandez-lui de répéter une phrase simple.

La faiblesse d’un côté du corps : un bras, une jambe refuse soudainement d’obéir. Demandez à la personne de lever les deux bras : si l’un retombe, c’est un signe critique.

L’erreur fatale : attendre que ça passe

“Ça va mieux, ce n’était rien.” Cette phrase, prononcée des milliers de fois, représente l’un des pièges les plus dangereux de l’AVC. Car même si les symptômes disparaissent après quelques minutes, même si la personne semble aller mieux, le processus destructeur peut continuer silencieusement dans le cerveau. Ces épisodes transitoires, appelés accidents ischémiques transitoires (AIT), constituent souvent les signaux précurseurs d’un AVC majeur. Les ignorer, c’est laisser passer une fenêtre d’intervention cruciale.

Un seul réflexe à adopter : le 15

Face à ces signes, il n’existe qu’une seule conduite à tenir : composer immédiatement le 15. Pas de transport personnel vers l’hôpital, pas d’attente pour voir si ça passe, pas de consultation du médecin traitant le lendemain. Le 15, sans délai, sans hésitation. Les équipes du SAMU sont spécifiquement formées pour cette urgence. Elles peuvent déclencher immédiatement la filière régionale AVC, coordonner le transport vers l’unité neurovasculaire la plus appropriée et commencer les premiers traitements pendant le transport.

Une filière régionale d’excellence

En Occitanie, une organisation spécifique a été mise en place pour optimiser la prise en charge des AVC. Cette filière régionale garantit que chaque patient bénéficie du meilleur traitement possible, dans les meilleurs délais, quel que soit son lieu de résidence. Les unités neurovasculaires disposent des technologies les plus avancées : thrombolyse pour dissoudre les caillots, thrombectomie mécanique pour les extraire, surveillance continue spécialisée. Mais ces traitements révolutionnaires ne sont efficaces que s’ils sont administrés rapidement.

“Notre rôle collectif : faire connaître pour sauver des vies”

En tant que professionnels de santé du territoire de Montpellier Est Bérange, nous avons un rôle crucial dans cette chaîne de survie. Chaque consultation, chaque contact avec nos patients et leurs familles, représente une opportunité de transmettre ces messages vitaux. Nos salles d’attente peuvent devenir des lieux d’information privilégiés. Un simple affichage rappelant les signes d’alerte et le numéro 15 peut sauver une vie. Car souvent, c’est dans ces moments d’attente que les patients ou leurs accompagnants évoquent des épisodes qu’ils ont minimisés.

L’AVC se combat aussi par la prévention

Au-delà de la reconnaissance des signes aigus, notre mission s’étend à la prévention. Hypertension artérielle, diabète, fibrillation auriculaire, tabagisme, sédentarité : autant de facteurs de risque sur lesquels nous pouvons agir avec nos patients. Chaque consultation est l’occasion de dépister, d’éduquer, d’accompagner nos patients vers de meilleures habitudes de vie. Car le meilleur AVC reste celui qui n’arrive jamais.

Un message d’espoir

Malgré la gravité du sujet, l’AVC n’est plus une fatalité. Les progrès thérapeutiques des dernières années ont révolutionné le pronostic, à condition d’une prise en charge précoce. Des patients qui auraient été lourdement handicapés il y a quelques années retrouvent aujourd’hui une vie normale.

Cette révolution médicale ne peut cependant porter ses fruits que si chacun connaît les signes d’alerte et adopte le bon réflexe : face à un AVC suspecté, un seul numéro compte, le 15. Parce que dans cette course contre la montre, chaque minute sauvée peut changer une vie.


Pour plus d’informations sur la campagne régionale de sensibilisation à l’AVC et pour télécharger les supports d’information, consultez le site de l’ARS Occitanie. Photo de Abishek sur Unsplash 

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